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J’avais hâte d’être à ce jour. Très hâte. Le douzième sur trois-cent soixante-six et la majorité accomplie. Enfin. Depuis petite, j’ai toujours été une enfant très solitaire, autonome et mature. On me définissait comme telle, du moins. Une petite fille qui aimait jouer seule dans sa chambre et qui se débrouillait seule. Au fond, j’ai toujours eu cette impression d’être fille unique. Mes deux soeurs sont plus âgées que moi de dix ans pour l’une et onze ans et demi pour l’autre, vous comprendrez à ça que nous n’avons pas eu les mêmes centres d’intérêts. C’est d’ailleurs pour cette raison que ma maman m’a achetée ma chienne. J’avais onze ans et une soeur en ménage, une autre en études, à peine chez moi le week-end, ce petit être présent dans la maison comblait un vide.

J’ai mis de côté mes révisions d’histoire qui me barbaient pour me lancer dans l’écriture de cet article. A vrai dire, je ne savais pas ce que j’allais écrire, ni même introduire, juste l’idée d’une douzième page reflétant ma majorité. Petite, je rêvais de cette âge comme une situation très lointaine qu’il me tardait de vivre. Depuis mon plus jeune âge, je n’aime pas l’autorité et rêve de mon autonomie. C’est ce que je me disais, quand j’aurais dix-huit ans, je serais libre! J’ai bien vite parlé. Il me tarde mon indépendance.

Quelques mois, un an et deux ans. J’ai énormément voyagé et, ce, dès mon plus jeune âge. A peine savais-je marcher que j’explorais tous les recoins de la France de mes petites jambes. A peine savais-je tenir debout, que je dévalais les pistes enneigées de mes skis que je ne savais à peine tenir en mains. A peine savais-je parler que j’énumérais ma liste de pays sur lesquels j’aimerais poser mes pieds. C’est ma maman qui m’a transmit ce rêve d’évasion. Découvrir des cultures autres, et faire la connaissance de personnes fabuleuses ayant une histoire toute autant différente et passionnante à raconter, c’est ça voyager.

Trois, quatre et cinq ans. Je ne comprends pas pourquoi sur la photo de mes quatre ans j’ai le look et l’apparence d’un petit mec au pantalon rose et aux goûts musicaux portant sur le rock, le punk et le metal. Sûrement car c’est ce que je suis au fond. Un petit mec. Je n’avais pas de Barbies, je détestais ça, j’avais quelques poupées et poupons par-ci par-là aux recoins de ma chambre mais ce qui l’emplissait étaient mes Legos, Playmobils et petites voitures. Il me semble même avoir eu un Action Man. Pour la musique, j’écoutais ce que mon papa écoutait. Queen, Scorpion, Pink Floyd, ACDC,… et c’est resté! Je suis restée ce petit mec à l’apparence féminine… quoique la deuxième photo laisse à la réflexion. Je penserais à demander à ma maman ce qu’il lui a pris ce jour-là!

Six ans, sept ans et huit ans. Les années ont bel et bien passé mais je ne perds pas la magie enfantine qui m’accompagnait. J’ai toujours gardé mon âme de petite fille, je m’émerveille à la période de Noël et devant les peluches. Je regarde les dessins animés de mon enfance et je rêve encore de DisneyLand. Mon rêve de petite fille était d’incarner Belle (ou d’avoir une entrée gratuite au parc tous les jours pour ne pas aller à l’école!). Je retrouve toute cette magie avec mes nièces. Les dessins animées et disney’s, l’innocence et la féerie… voilà comment devrait-être tirée toute une vie. Une vie basée sur l’insouciance.

Neuf, dix et onze. C’est dingue comme on change d’années en années, inconsciemment puisqu’on ne le remarque pas. Et puis c’est en regardant les vieilles photos que ça devient flagrant.
Sur la troisième photo j’étais en République Dominicaine, aux Îles Caraïbes. Mon plus beau voyage avec le Portugal. Comme c’est étrange de revoir ces photos, de se revoir plus jeune. C’est plaisant et frustrant. Mince alors, le temps passe si vite et j’ai l’impression de ne pas pleinement en profiter.

Douze, treize et quatorze ans. La pire époque. Ma pire époque. Je ne me suis jamais autant trouvée moche. Me voir le matin était devenu insupportable. De mes douze à treize ans j’avais des bagues, des gros sourcils et des cheveux immondes. De plus, je ne m’habillais pas vraiment comme je voulais, en fait je m’en foutais. Je n’aimais pas mes vêtements mais ce n’était que le moindre de mes soucis. Je vivais avec cette laideur permanente, et je le savais. J’avais juste pris l’habitude.

Quinze, seize puis dix-sept ans. Je n’ai pu toucher au maquillage qu’en seconde. Et je trouve que c’est un âge très raisonnable. Maintenant toutes les jeunes filles de douze-treize-quatorze ans se maquillent, je ne suis pas contre, je trouve ça juste dommage de vouloir grandir plus vite alors que l’on a toute la vie pour ça. La jeunesse est éphémère. Le fait de pouvoir me maquiller m’a petit à petit fait reprendre confiance en moi. Mon visage a aussi muri. Maquillée comme démaquillée je m’accepte bien mieux qu’avant. J’en sors même dans la rue sans rien sur le visage, et sans aucune contrainte. Car j’ai appris du regard d’autrui qu’au final je m’en foutais. Regardez moi bien ou mal, ce n’est plus un problème pour moi car je me sens bien comme je suis.
Acceptez-vous et ne vous souciez que peu du regard des autres, à quoi va-t-il vous amener? Réfléchissez bien à ça.

► Aujourd’hui je suis heureuse, aujourd’hui c’est mon anniversaire, aujourd’hui j’ai dix-huit ans.
Je n’ai pas fait de wishlist de mon anniversaire pour la simple et bonne raison que je ne demande jamais rien pour cet événement et aussi car j’ai eu mes places de concert pour l’occasion. Un énorme cadeau. Je suis aussi heureuse de vous retrouver et d’encore une fois partager ceci avec vous. J’espère que vous vous portez au mieux.
Je suis un bébé 98, et vous?

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